Une gouvernance de l’eau par l’Etat et l’Agriculture ca ne marchera pas

Lors du webinaire sur la gouvernance et le partage de l’eau, Thierry Burlot, Président du Comité de Bassin Loire Bretagne et Président du Cercle Français de l’Eau, a été cache sur les mesures à prendre pour apaiser le débat et améliorer la gouvernance et le financement du petit et grand cycle de l’eau.

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Moment clés du webinaire, éléments de synthèse (première partie de 5min à 33min):

  • Un constat d’échec sur l’appropriation des enjeux par le grand public : l’ambition qu’on se donne pour nos fleuves dans les SDAGE n’est plus compréhensible par le grand public et les élus, « le monde de l’eau s’est enfermé dans de la technique ».
  • Les acquis de la loi de 1964 (reconnaissances de limites hydrographiques, démocratie participative, principe de « l’eau paie l’eau ») n’ont pas tenu :
    • La légitimité politique du fleuve n’existe pas. Le périmètre hydrographique est utilisé pour séparer les communes, les intercommunalités, les départements, les régions.
    • La démocratie de l’eau n’existe pas. Le parlement de l’eau n’existe pas. Le parlement, c’est le Sénat et l’Assemblée Nationale. La gouvernance de l’eau, c’est à dire les comités de bassin, normalement elle existe, mais elle est faible. On ne l’écoute pas, on ne l’écoute peu, on la méprise même parfois surtout lorsqu’elle commence à dire des choses fortes sur le fleuve.
    • Le financement du petit cycle de l’eau (principe pollueur payeur) a bien fonctionné tant qu’on vivait dans l’abondance, et qu’on s’occupait essentiellement des réseaux eau potable et assainissement. Mais désormais que l’Etat a demandé de financer l’amélioration de la qualité de l’eau, la protection des captages, la restauration, les mesures agro-environnementales et climatique, c’est à dire le grand cycle de l’eau cela devient plus compliqué. D’après une étude du Cercle Français de l’Eau, si on veut être à la hauteur du grand cycle et du financement du grand cycle, il nous manque à peu près 15 milliards d’euros par an. Est-ce au petit cycle de l’eau de financer le grand cycle de l’eau ?
  • Même si c’est la même eau, même si on parle d’une ressource essentielle, la gouvernance et le financement du grand et petit cycle ne sont pas du tout les mêmes.
  • Aujourd’hui nous devons prendre conscience que sans eau, on ne fait rien et qu’il est nécessaire de décider collectivement, dans l’écoute, la bienveillance, la co-construction. Mais surtout pas, comme cela se fait aujourd’hui à l’Assemblée nationale ou au Sénat, ou plus précisément, en disant urgence absolue, je me prends, je me sers, je discute après.

 

  • Il faudrait surement réfléchir à une nouvelle loi de l’eau à la hauteur des enjeux qui sont posés. On a tout à inventer sur le grand cycle de l’eau. En gérant correctement ce bien commun, on fera du développement, mais à hauteur de nos capacités territoriales. L’environnement, n’est pas une contrainte, c’est une ambition. Il faut aider ceux qui protègent le bien commun. Quand il n’y aura plus d’eau, là, ça sera vraiment la récession.
  • Avec les sécheresses, on se rend compte de notre fragilité. L’économie, l’urbanisation, le développement des villes, des campagnes, etc., l’agriculture, ont besoin d’eau. Il va falloir créer des solidarités entre les territoires avec des instances posées sur des bassins hydrographiques et dépasser les égoïsmes, comprendre que la qualité de l’eau dépendra des efforts qui sont faits par chacun
  • Le problème des inondations, des sécheresses, se règle par la préservation, le ralentissement de l’eau, le stockage dans les sols, … par des mesures qu’on va devoir mettre en place sur le terrain, mais sur des territoires qui n’en bénéficieront pas forcément immédiatement. C’est là qu’il faut qu’on soit solidaires. La pression aujourd’hui sur les exploitations peut induire une colère, qu’on peut comprendre, mais c’est le moment de lever la tête et de réfléchir ensemble et c’est une erreur de penser que l’Etat pourrait, seul avec les agriculteurs, régler ce problème.
  • Comment améliorer la gouvernance : bassins hydrographiques, gouvernance partagée, solidarité des instances et du financement. On a utilisé les fleuves pour séparer les hommes, pour séparer les communes, pour séparer les départements, pour séparer les régions. Et aujourd’hui, il faut que le fleuve nous rapproche.

La suite (Transfert d’eau interbassin : le débat doit appartenir aux territoire et Démocratie citoyenne) dans une prochaine news ou déjà en écoute sur le >> REPLAY